Publié par : fermedelahaye | septembre 18, 2014

Elevage et environnement

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L’utopie de l’alimentation durable sans production animale

Les productions animales sont la cible de critiques provenant d’horizons et de milieux divers. Basées sur des convictions louables de protection de l’environnement, ces critiques prônent une alimentation basée exclusivement sur des productions végétales. Elles font l’impasse sur une réalité beaucoup plus complexe et ont en commun de mener à une vision étriquée des équilibres écologiques.
Une idée récurrente part du principe que les animaux d’élevage consomment plus de protéines végétales qu’ils n’en restituent sous forme de protéines animales. Conforté par une analyse restreinte de la problématique des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), ce raisonnement aboutit alors à cette conclusion que l’alimentation animale est une aberration. Il serait ainsi plus efficace de destiner les protéines végétales directement à l’alimentation humaine.
Une partie des protéines végétales consommées par les animaux d’élevage ne sont en fait pas consommables directement par l’homme. Ainsi les ruminants sont capables de convertir des matières cellulosiques et protéines des fourrages indigestibles pour nous, en protéines de haute valeur nutritionnelle. Ces fourrages représentent 70 % ou plus de leur ration, le reste étant composé d’aliments concentrés supplémentaires, dont des protéines végétales qui pourraient être destinées à l’alimentation humaine. Pour 1 kg de ces protéines végétales, une vache laitière produit entre 0,8 et plus de 2 kg de protéines. Le rapport est donc bénéfique. Il peut même être supérieur à 5 dans les systèmes de production très herbagers comme en Irlande ou en Nouvelle Zélande, et supérieur à 10 dans les milieux très difficiles des Suds selon la FAO. Les bovins de ces milieux sont des convertisseurs très efficients de fourrages locaux très riches en fibres et pauvres en protéines. Enfin, pour une grande partie ces fourrages sont produits à partir de prairies et de terres difficilement convertibles à la production de cultures vivrières.
L’élevage ne se résume pas à sa seule fonction de production. Le système de « polyculture-élevage », basé sur le recyclage des nutriments et biomasses entre cultures et production animale, est l’exemple même d’une agriculture agro-écologique. Si certaines formes d’élevage ont pu causer des nuisances dans certains territoires, cela ne doit surtout pas occulter l’apport essentiel de l’élevage à la santé des sols, à la diversité des paysages et à la vitalité des campagnes.
Les sols des prairies où pâturent les animaux d’élevage sont, comme les sols forestiers, remarquablement plus riches en biomasse et en diversité microbiologique et faunique que les sols des cultures, même lorsque ceux-ci sont labourés moins fréquemment. Les déjections des animaux assurent en effet un retour de la matière organique aux sols et permettent par exemple aux flores aérobies comme les champignons de la surface des sols de trouver un bon équilibre carbone/azote pour transformer les résidus des cultures en humus et en formes de carbone stable. Cette richesse en matière organique constitue aussi un puits de carbone. Les sols des prairies exploitées par les ruminants stockent ainsi 570 kg de carbone par hectare et par an. De plus, ils subissent des pertes par érosion 20 fois plus faibles que ceux des cultures annuelles. Ils contribuent aussi par leur texture à une bonne filtration des eaux de surface, à la limitation des pertes par ruissellement et à la recharge des nappes phréatiques (…).
L’opposition entre production animale et production végétale est une fausse bonne idée. Stigmatiser le secteur élevage pour son apparent mauvais rendement énergétique et ses émissions de méthane est une erreur, et c’est aussi stigmatiser l’environnement et les sociétés basées sur ces activités d’élevage, dont 1 milliard de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté en dépendent dans le monde (FAO).
Article paru dans LE HUFFINGTON POST le 18 janvier 2016
Auteurs :
– Jean-Louis Peyraud (Chercheur, président du comité stratégique du Groupement d’Intérêt scientifique (GIS) Elevages demain, et de l’Animal Task Force au niveau européen)
– Alexandre Ickowicz (Chercheur au Cirad)

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Publié par : fermedelahaye | avril 6, 2010

Tourisme durable

 

Depuis plusieurs années, la Région Bretagne et le réseau des Pays Touristiques organisent un Challenge Tourisme Durable qui récompense les meilleures initiatives en la matière.

Eco-construction, énergies renouvelables, produits respectueux de l’environnement, originalité sont autant de points qui permettent tous les ans au jury de sélectionner les professionnels les plus engagés. 

La ferme de la Haye a été lauréate du concours en 2006/2007.

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